A military march in April

April 17, 2016 - Somewhere in Eastern Europe

Avril au pas de course

Le 17 april 2016 quelque part en Europe de l'Est

Lithuanian woods in the spring. A greyish brown ground, dead leaves still in decomposition. It has been raining recently. The smell of moss and mud is ever present. Now and then, tiny fragile flowers are blooming. They are of a deep or light purple depending on their youth and the light through the pines trees. Trunks are thinner than in Canada and, midway through their height, their shade is turning from brown to red. They are high, thin, close together. When wind is whistling though, their complaint can be heard, a creaking sound as they brush against each other.
The sky is grey, it is not raining anymore. A light wind blows, a river slowly flows by, a few birds sing in the trees. Lying down in the grass of a clearing, looking at the branches moving in the wind, the clouds floating by, grey on grey, the wind brushing my face, I could have fallen asleep.

Les bois lithuaniens au printemps. Le sol gris-brun jonché de feuilles mortes en décomposition. Il a plu récemment. Partout, on peut sentir l’odeur de la mousse et de la boue. Ici et là de petites fleurs fragiles montrent leurs pétales. Leur teinte violette est plus ou moins foncée, en fonction de leur âge et de la lumière qui filtre à travers les branches des pins. Les tronc de ces derniers sont fins comparés à ceux du Canada et leur couleur brune passe au rouge à mi-hauteur. Ils sont grands, fins, rapprochés. Quand la brise souffle, leur plainte se fait entendre; le grincement de leur frottement les uns contre les autres. Le ciel est gris, il ne pleut plus, une légère brise se fait sentir, une rivière coule gentiment en contre-bas, quelques oiseaux s’égaillent dans les arbres.
Couchée dans l’herbe d’une clairière, regardant les branches bouger dans le vent, les nuages flotter en un camaïeu de gris, un souffle caressant mon visage, j’aurais pu m’endormir.

I had arrived in Vilnius (Lithuania) by the 7:25 a.m. bus from Warsaw (Poland). The night had been cramped and uncomfortable as only a 450 kilometres bus ride can manage. After checking my bag for the day and grabbing a quick breakfast in order to try to wake up, I had met my host Jamil with whom I took the direction of the train station to participate in a hike in the countryside. I was somewhat exhausted but excited to see nature, to be able to reconnect with the simplicity of grass and wind rather than the complexity of people and concrete.

Waiting for the train that would take us to Vievis, I realized the group we were joining comprised no less than twenty-eight Lithuanian and a Latvian dog (my only foreigner fellow)… So much for solitude.

J’étais arrivée le matin même à Vilnius, en Lituanie, par le bus de 7 h 25 en provenance de Varsovie, en Pologne. La nuit avait été mauvaise, comme seuls peuvent le garantir les trajets de 450 kilomètres en bus de nuit.
Après avoir mis mon sac en consigne et pris un petit déjeuner à la volée afin de regagner un peu d’énergie, le corps épuisé et l’esprit en éveil, excité à l’idée de revoir la nature, de communier avec la simplicité des herbes folles et du vent plutôt que de se faire submerger par la complexité du béton et des gens, j’avais rencontré Jamil, mon hôte, et nous nous étions dirigés vers la gare, point de rendez-vous pour une randonnée en campagne.

Là, un train nous emmènerais à Vievis, Jamil, moi, les vingt-huit autres lithuanien et le chien letton (seul autre étranger de la troupe). Autant dire que la solitude n’étais pas au programme.

From Vievis, we had started on what I could only describe as a military march. We had followed the river’s meandering path for twenty kilometres already. Four hours of hiking were behind us. This was our second break. The first one had lasted 15 minutes. Not one more. Just enough time to gulp down some needed sustenance. Our sergeant, the one with the map, the watch and, judging from the way he walked, a conceivable blistered wooden leg, had made sure we weren’t slaking off.
The woods would have been a benediction, if only we could take time to breathe… But this wasn’t supposed to be a leisurely walk, we had to reach Rykantai in time to hop back on the train to Vilnius. No time to enjoy the changing colours of the scenery, or feel the light breeze, or smell the sweetness of flowers, or feel the damp under-bush, or connect with the trees, or hear the slow river… Time was wearing thin, we had to march on, even faster.

Là, un train nous emmènerais à Vievis, Jamil, moi, les vingt-huit autres lithuanien et le chien letton (seul autre étranger de la troupe). Autant dire que la solitude n’étais pas au programme.
De Vievis, nous avions commencé notre marche, au pas de course. Nous avions suivit les méandres de la rivière sur vingt kilomètres déjà. Quatre heures à une allure militaire. Une pause il y a deux heures, une autre maintenant. La première n’avait duré que 15 minutes. Pas une de plus. Juste assez longue pour avaler de quoi pouvoir continuer. Notre instructeur, celui qui détenait la carte, la montre et, à voir sa façon de marcher, une jambe de bois à ampoules intégrées, s’était assuré que nous ne trainions pas.
Les bois auraient pu être une bénédiction, si seulement nous avions le temps d’en profiter… Mais le programme en voulait autrement : il nous fallait atteindre Rykantai à temps pour monter dans le train qui nous ramènerait à Vilnius. Le temps nous était compté, impossible de se perdre dans la contemplation des couleurs changeantes ou d’humer la brise et le parfum des fleures, impossible de goûter à l’humidité des sous-bois et au contact des arbres, impossible de s’émouvoir du murmur de la rivière. Le temps fuyait, il nous fallait le rattraper et redoubler de vitesse.

We covered the mere thirty-one kilometres in a little less than six hours, caught the train, arrived in Vilnius, had a quick beer, and caught the bus to go home.

 

Relaxation is overrated.

Les quelques trente-et-un kilomètres furent parcourus en un peu moins de six heures. Nous arrivâmes à temps pour grimper dans les wagons pour Vilnius, engloutir une bière et attraper un dernier bus pour regagner notre antre.

Se reposer sera pour une autre fois.

A race through the forest perfectly illustrating my mad dash through the East, through Strasbourg, Nuremberg, Munich, Prague, Olomouc, Krakow, Warsaw, Vilnius, Riga, Tallinn, and Helsinki. All this in a little less than a month.


No time to breathe, Russia doesn’t wait. March on.

Une course enragée dans la foret qui illustre parfaitement mon marathon européen et mes arrêts bien trop rapides à Strasbourg, Nuremberg, Munich, Prague, Olomouc, Krakow, Warsaw, Vilnius, Riga, Tallinn et Helsinki. Le tout en moins d’un mois.


Pas de repos pour les braves. La Russie n’attends pas. En avant, marche!

 © 2018 by Elsa Chesnel

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